Lettre à mon petit frère.

Petit frère,

Aujourd’hui, le ciel est triste. Image parfaite de ce que je ressens après ces deux derniers jours passés à se parler dans la douleur. Un mélange de chagrin et d’espoir.

Aujourd’hui, je fais ce que je sais faire de mieux. Après t’avoir dit comme je t’aimais et que rien n’y changerait, je te l’écris. Je te l’écris sur la sphère publique parce que l’amour d’une grande sœur pour son petit frère n’a pas à être caché. Parce que la grande soeur que je suis est fière du petit frère que tu es.

Sais-tu que mes premiers souvenirs d’enfance ne commencent qu’avec toi ? Sais-tu qu’il y a ces photographies de toi et moi dont je ne me sépare pas ?

Il y a quelques années, je suis partie. Je t’ai laissé derrière moi. Peut-être t’es-tu senti abandonné ? Pour être là pour toi, j’avais besoin de m’éloigner, de retrouver goût à la vie, je refusais de t’exposer à tout ce qui me rongeait. Je souhaitais attendre que tu sois grand pour me confier, que tu comprennes sans être atteint. Je voulais que tu sois protégé, sans t’inquiéter.

Aujourd’hui j’ai échoué. Je suis revenue et tu t’inquiètes. J’essaie de vivre ma vie, de composer avec tout ce qui m’entoure, le passé comme le présent. Je ne lance que des regards furtifs à l’avenir, incapable encore d’être totalement confiante. Cependant, je le suis un peu, assez pour avoir retrouvé le sourire, assez pour construire un nouvel équilibre.
Assez pour sentir l’envie de croquer la vie à pleines dents me chatouiller le coeur. Assez pour m’offrir la liberté d’abandonner ma carapace, mes préjugés et m’aimer pour de bon.
Assez pour te dire tu peux ne pas t’inquiéter autant.
Tu peux me faire confiance, et vivre ta vie sans avoir peur que je ne me brise. Je suis toujours la même, en moins fragile.

Petit frère, tu es si beau. Grand gaillard musclé et attentionné, si fort et si fragile à la fois. Touchant. Quand ton regard vacille, quand tes mâchoires cessent d’être durement serrées, quand ton bouclier se fendille, je me souviens de ce petit garçon gourmand aux joues si rondes qu’on avait envie de te croquer. Et je ressens cette onde si chaleureuse, cette immense vague d’amour m’envahir, poussant mes bras à te serrer très fort, au point de te faire oublier quelques instants ta solitude et ta souffrance.

Petit frère, c’est à moi de veiller sur toi. Les larmes qui coulent encore sont des larmes d’amour et d’espoir. Je ne suis pas loin, je suis là, et je t’attends. Ma main est tendue, mes bras sont ouverts, mon coeur déborde de tendresse et d’amour pour toi.

Petit frère, n’oublie pas comme je t’aime.

4 commentaires sur “Lettre à mon petit frère.

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