Cette absence, au creux de mon ventre.

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Cher journal,

Je t’écris comme si tu te tenais devant moi, une vraie personne, une amie qui tend une oreille attentive et une main tendre.

Il y a ces douleurs qui me font grimacer, ces douleurs physiques que j’essaie de taire tant que je le peux. Aujourd’hui je me tords de douleur dans le noir de la chambre, une bouillotte sur le ventre, un masque sur les yeux. Je ne te parle pas des chocs électriques parcourant ma jambe droite, des points dans la nuque…

Je tais tout ça. Je suis épuisée.

Et puis il y a cette douleur, celle dans le cœur, tout ce sang qui coule, un cycle nouveau qui nous apprend qu’encore une fois nous n’y sommes pas parvenus. Bien sûr il y aura d’autres câlins puisque nous nous aimons. Même que nous ne dirons rien et qu’un regard exprimera l’espoir que nous partageons. Cet espoir qui nous lie qu’un jour enfin la Vie se fasse un petit nid dans mon corps et dans nos cœurs.

Douleurs de femme. Intimité fragile. Patience mise à l’épreuve. Peu nombreuses sont les personnes avec qui j’ose exprimer ma tristesse quand le sang coule, et mon enthousiasme à l’idée d’un enfant. Peu savent comme je souffre durant une dizaine de jours, entre nausées et vertiges, bouffées de chaleur et frissons, chocs électriques et points de douleur, crampes et saignements abondants. Les médecins lèvent un sourcil douteux, osent un sourire compatissant et ces paroles crève-cœur « Ce n’est rien, les règles ça fait mal, et puis pour un enfant, vous avez encore le temps ! ». Douleurs de femme, intimité fragile.

Je t’écris pour tout dire comme la peur se mêle à l’espoir, comme l’amour me porte chaque jour et fait que le chagrin est moins lourd. Je t’écris pour crier dans un silence retentissant que des larmes salées couleront encore, parsemés de sourires quand il ouvrira les bras pour me serrer contre lui.

Je t’écris ma joie et ma peine de femme amoureuse, si désirante d’être maman et au corps douloureux.

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8 commentaires Ajouter un commentaire

  1. ptitedelph dit :

    Je me retrouve tellement dans ton texte 😦 chaque mois c’est un crève coeur de voir tout ce sang défiler. Et ces douleurs… en ce moment je suis en période d’ovulation, les douleurs commencent déjà, ça me rappelle déjà que mes ovaires se tordent pour rien du tout et c’est démoralisant. J’ai arrêté de parler de ces douleurs, échos pelvienne et vaginale passées, il n’y avait rien donc la gynéco n’a pas cherché plus loin et je la ferme maintenant. J’avale du spasfon en quantité astronomique, je change toujours de pharmacie pour que ça ne fasse pas suspect de revenir aussi souvent en chercher. Et ce vide pff… n’en parlons pas. Il est sidéral et angoissant. Avec mon chéri, on n’attend pourtant rien puisque de mon côté je sais que ma machine à faire les bébés comme je l’appelle, est cassée malgré tout et lui, il ne veut pas d’autres enfants donc on n’est pas dans cette attente. Pourtant au moindre retard, mon cerveau me joue des tours en laissant penser que peut-être s’il y a du retard c’est qu’il y a un espoir de vie et il faut que je me raisonne pour ne pas bloquer mon corps à laisser couler ce fluide qui m’horripile à force. Une cousine des filles à mon chéri qui a 6 ans m’a récemment dit « j’aime bien les mamans -imagine mon coeur qui s’est broyé juste à cette appellation…- qui font des chatouilles », parce que je la faisais rire à la chatouiller. Et puis elle m’a quand même demandé si j’avais des enfants -rebroyage du coeur…-, j’ai répondu que non. « pourquoi ? »… « tu aurais voulu en avoir ? » Cette question m’a mise les larmes aux yeux encore davantage, un peu comme si elle arrivait à comprendre qu’on puisse être malheureuse de ne pas en avoir. Et j’ai répondu « oh oui j’aurais aimé être maman ». Et elle m’a dit « tu as E. et M. », les filles de mon chéri. J’ai souri et répondu que j’avais de la chance oui de les avoir (ce qui est vrai) mais elles ne supprimeront jamais ce creux dans mon ventre et ce manque viscéral de ne jamais avoir pu porter la vie. Je te souhaite tellement que ça arrive vite ma Julie pour vous pour que ce vide disparaisse enfin parce que je sais la souffrance qu’il entraîne et ce sentiment d’être incomplète en soi. Je pense très fort à toi et t’envoie des câlins et de gs bisous ❤ tu seras une super maman ma belle

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    1. sweetiejulie dit :

      Merci de partager ici tes douleurs et ta peine.. J’imagine sans mal comme tu te sens mal à chaque fois que ça revient. Bah oui, même s’il ne veut plus d’enfant, ce que je comprends, de ton côté c’est bien différent et ce serait tellement magnifique si votre amour pouvait guérir cette blessure. Bien sûr ses petites viennent combler un peu ce trou béant mais ça reste différent.
      Merci pour tes mots, ta bienveillance, ta présence ❤️

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  2. Viii dit :

    Ma chérie,
    Je te comprends… Même si mon histoire est différente. Je n’étais pas prête. Et c’est arrivé. C’était un projet de vie pour dans quelques années. Et le temps s’est accéléré… J’ai eu un tas de pensées que tu connais… Alors si aujourd’hui j’ai cette chance d’avoir Lina, je comprends ton désir et les frustrations, les déceptions que tu ressens…
    Je suis là si tu as besoin de parler à quelqu’un. Ma vie est une course sans fin pour l’instant. Mais je te répondrais toujours et je t’écouterais toujours. ❤

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    1. sweetiejulie dit :

      Coucou ma chérie,
      Je n’ai pas oublié comme ça avait pu être difficile pour toi, quand tu as appris pour Lina, une vraie surprise, un vrai bouleversement dans ta vie… Et aujourd’hui, je suis tellement, tellement heureuse de la savoir à tes côtés, de te savoir avec ta propre famille. Je trouve que tu es une maman magnifique 😍
      Bien sûr que je sais que tu es là ❤️ et puis tu sais, ça va. Ça fait longtemps que je voulais écrire là-dessus sans parvenir à trouver les mots. Ce matin, quand les douleurs m’ont assaillie, j’ai tout de suite écrit et le chagrin va et vient, l’espoir est là, la patience aussi. Je sais que tu es là, pour toujours ❤️❤️❤️

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  3. Tu as pu trouver les mots pour parler de ce vide…terrible.
    Les professionnels rencontrés n’ont pas l’air d’être à ton écoute. C’est toujours douloureux l’attente, surtout quand les maux sont si terribles Julie.
    Je te souhaite de connaitre ce bonheur un jour.
    Je t’embrasse bien fort. ❤️

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    1. sweetiejulie dit :

      Du fond du cœur, merci ma tendre et douce Marie ❤️

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  4. elisamarnet dit :

    J’ai presque peur d’écrire ce que je vais écrire mais je ne peux que m’imaginer ce terrible vide :(. je n’ai pas eu à attendre, mais ça me terrifiait d’avance…le peu que j’ai eu à attendre m’a semblé interminable et je me dis « mon dieu que ça doit être difficile, terrible, ce vide qui s’installe si longtemps ». Alors je ne peux qu’envoyer tout mon soutien et croise les doigts fort fort fort

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    1. sweetiejulie dit :

      Merci.. Merci beaucoup… Et Félicitations 😊 Si l’attente est dure pour moi, je peux me réjouir pour les autres 😘

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