L’année des 30 ans : un cap à passer pour faire la paix avec soi et s’aimer mieux.

Dan quelques mois, j’aurai 30 ans. Je me souviens avoir lu de nombreux articles de jeunes femmes appelant cette étape de leur vie « un cap ». J’en souriais. Je trouvais ça un peu drôle, et peut-être même exagéré. Je me disais que c’était une façon d’écrire pour attirer des vues, gonfler les statistiques. Aujourd’hui, j’ai honte d’avoir pensé cela. Honnêtement, je demande pardon. Vous pouvez rire de moi, parce que… parce que j’étais loin d’avoir compris à quel point ce serait difficile d’avoir 30 ans.

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Si je devais lister des mots pour décrire comment l’année de mes 30 ans à débuter, j’écrirais ceci : DÉPRESSION, ANXIÉTÉ ET CRISES DE LARMES, DOULEURS ET TRISTESSE, DOUTES, COLÈRE ET INCOMPRÉHENSION, AMERTUME, ÉPUISEMENT, PEURS ET ANGOISSES

Rien de bien folichon, n’est-ce pas ? Et pourtant, si vous saviez…

Quand j’ai compris qu’il me serait impossible de m’en sortir seule, quand j’ai demandé de l’aide et que j’ai commencé à me soigner – oui, oui, la dépression est une maladie -, quand j’ai vu multiplié les rendez-vous avec une psychologue, j’ai senti comme tout ceci était nécessaire. J’ai compris que je m’effondrais pour de bon, que ma carapace explosait, que la douleur était incommensurable et que j’allais m’en sortir.

Un renouveau, une libération, une renaissance.

Depuis Novembre 2018, j’ai appris que la paix avec soi était possible et qu’il me fallait faire plusieurs choses : faire face à mon passé sans me défiler, prendre du recul vis à vis du regard des autres pour découvrir qui j’étais et qui je voulais être, savourer l’instant présent, lâcher prise sur ce que je ne peux pas contrôler, accepter que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, me faire confiance et oser parce qu’il n’y a qu’en faisant des erreurs qu’on apprend et que rien n’est très grave tant qu’on prend le temps de trouver une solution, poser mes limites et me protéger, garder espoir quoi qu’il arrive et assumer de suivre ma propre voie.

L’année des 30 ans est un cap en ce qu’il offre de liberté : on se détache de ce qu’on a toujours connu pour avancer lentement vers ce qui nous attire et qui ne nous effraie plus. J’ai ouvert les yeux sur tout ce que je n’acceptais pas chez moi, je me suis pardonnée les erreurs du passé que j’aurais aimé ne pas commettre. Je me suis débarrassée de la colère et de l’amertume qui teintaient de noir les souvenirs heureux à préserver. J’ai ouvert mon coeur à l’Amour et ses défauts, ses imperfections et ses belles surprises. J’ai accueilli ma sensibilité comme un cadeau, je l’ai faite mienne. J’ai ressenti ces chatouilles dans le ventre, d’abord discrètes, et puis mon coeur s’est gonflé de douceur, et puis mon âme a sautillé de joie.

La Joie. A 30 ans, la Joie est possible. Ce sentiment ancré, durable, d’avoir trouvé le chemin de la paix envers soi et avec les autres. Cette capacité à ne pas laisser les émotions tout submerger, alors libérées du poids du passé. Ce mouvement de bienveillance et de douceur pour offrir autour de moi un peu d’amour à parsemer et à partager. A 30 ans, c’est ce bonheur-là qui se dessine, celui des joies simples, d’un quotidien vécu à deux, d’un lien précieux avec ma famille et mes ami(e)s.

Je me souviendrai toute ma vie de l’année de mes 30 ans.

Cette absence, au creux de mon ventre.

Cher journal,

Je t’écris comme si tu te tenais devant moi, une vraie personne, une amie qui tend une oreille attentive et une main tendre.

Il y a ces douleurs qui me font grimacer, ces douleurs physiques que j’essaie de taire tant que je le peux. Aujourd’hui je me tords de douleur dans le noir de la chambre, une bouillotte sur le ventre, un masque sur les yeux. Je ne te parle pas des chocs électriques parcourant ma jambe droite, des points dans la nuque…

Je tais tout ça. Je suis épuisée.

Et puis il y a cette douleur, celle dans le cœur, tout ce sang qui coule, un cycle nouveau qui nous apprend qu’encore une fois nous n’y sommes pas parvenus. Bien sûr il y aura d’autres câlins puisque nous nous aimons. Même que nous ne dirons rien et qu’un regard exprimera l’espoir que nous partageons. Cet espoir qui nous lie qu’un jour enfin la Vie se fasse un petit nid dans mon corps et dans nos cœurs.

Douleurs de femme. Intimité fragile. Patience mise à l’épreuve. Peu nombreuses sont les personnes avec qui j’ose exprimer ma tristesse quand le sang coule, et mon enthousiasme à l’idée d’un enfant. Peu savent comme je souffre durant une dizaine de jours, entre nausées et vertiges, bouffées de chaleur et frissons, chocs électriques et points de douleur, crampes et saignements abondants. Les médecins lèvent un sourcil douteux, osent un sourire compatissant et ces paroles crève-cœur « Ce n’est rien, les règles ça fait mal, et puis pour un enfant, vous avez encore le temps ! ». Douleurs de femme, intimité fragile.

Je t’écris pour tout dire comme la peur se mêle à l’espoir, comme l’amour me porte chaque jour et fait que le chagrin est moins lourd. Je t’écris pour crier dans un silence retentissant que des larmes salées couleront encore, parsemés de sourires quand il ouvrira les bras pour me serrer contre lui.

Je t’écris ma joie et ma peine de femme amoureuse, si désirante d’être maman et au corps douloureux.

Mots doux printaniers

Le temps file, et il y a cette impression de ne pas avoir écrit ici depuis longtemps. Une éternité.

Le printemps est arrivé, quelques jours d’un doux soleil chaud, auxquels succèdent des heures de pluie et de ciel gris. Est-ce que j’écris pour parler de la météo ? Je l’ai attendu, ce printemps, que mon corps se détente, que mon âme respire.

Il y a des larmes. Des torrents de larmes. Et des petites averses fendillées de jolis sourires. Quand des bras amoureux s’ouvrent pour que je m’y blotisse, en fermant les yeux. En sécurité.

Je suis en sécurité. Quel changement ! Je m’interdisais d’être heureuse et d’être moi. Aujourd’hui, je me découvre et me redécouvre, dans cette vie tissée d’un quotidien à deux, filée d’étincelles si lumineuses qu’elles crépitent longtemps dans mon cœur. Un amour pétillant.

Il y a ces créations. Ces couleurs et ces formes dessinées, quand mes doigts tiennent les crayons et la mine glisse, doux son du grain de papier. Petits Mots Doux, Petits Mots Doux. Murmurés par le vent chatouillant les nuages, par la pluie clapotant contre la fenêtre, par le chant d’une tourterelle, par la douceur de l’Amour, par la magie de la Vie. Une direction nouvelle, un souffle frais. Un travail ? Non, l’évidence, la conviction d’être à ma place, et d’offrir au monde ce que j’ai de meilleur.

Quand vient la nuit.

Allongé à côté de moi, un gros chien endormi à la respiration bruyante. Parfois, son corps sursaute. Je sais qu’il ne faut pas le réveiller.

La maison est calme. Dans une petite heure, j’espère qu’à la place du chien viendra s’allonger l’homme qui partage ma vie depuis plus d’un an, et avec qui le bonheur est présent, jour après jour.

J’aime les questions que je me pose en son absence : A-t-il réussi à bien dormir ? Reste-t-il du jus de fruits pour le petit-déjeuner ? Et si on allait au ciné pendant son prochain jour de repos ? Qu’ai-je fait du petit pot de baume aux huiles essentielles égaré hier soir ? Les chats sont-ils toujours dans le jardin ?… Les questions se succèdent au fil des heures qui passent, légères, légères…

Alors quand vient la nuit, angoisses du passé chassées avec le sourire, je ne peux que murmurer un grand merci profond à Dieu qui a béni ma vie d’amour à plusieurs reprises : l’amour de ma famille, l’amour de mes copines, l’amour de mon meilleur ami, et l’amour de mon fiancé. C’est tellement, tellement précieux. Si intense que j’ai envie de danser sur les toits et de crier aux étoiles comme le ciel est beau quand la nuit et que je m’endors le cœur serein.

Le ronron d’un chaton met fin aux doigts qui couraient sur le clavier. Je cesse là mes mots pour capturer la douceur d’un mini félin qui se blottit contre moi. A la poésie de cet article succédera la tendresse qui me lie à ces boules de poils que nous aimons tant, qui se collent contre moi en attendant le retour de celui qui viendra s’endormir dans mes bras.

Lundi matin, et la vie change…

Lundi matin. La place s’anime aux sons des utilitaires qui se garent et déchargent leurs lots de marchandises, dans une petite heure on sentira le poulet rôti, et des adolescentes se précipiteront devant l’étal de bijouterie et produits cosmétiques. Assise dans le canapé, j’observe ces femmes d’un certain âge, le doux un peu voûté, le visage marqué par les années, les yeux pleurant de froid, se raconter les mêmes histoires, échanger les mêmes phrases et murmurer quelques mots sur les défunts de la semaine passée…

Ici, la vie s’écoule au ralenti. Ce n’est pas une grande ville, ni un petit village. C’est une commune de quelques milliers d’habitants qu’on pourrait assimiler à une cité dortoir, qui se démène pour ne pas perdre son âme. Des marins-pêcheurs, il ne reste que quelques bâtiments transformés, et les souvenirs que ma grand-mère répète à chacune de mes visites. Le samedi matin, il est fréquent que Papa apporte une salade de crabes et quelques filets de cabillaud qu’on mangera avec une julienne de légumes et du riz. J’ai toujours aimé marcher le long du chenal, respirant l’iode des embruns, jetant à la mer comme des bouteilles de SOS toutes les pensées sombres qui m’envahissaient. Aujourd’hui, c’est un chien que je promène aux abords de la plage, heureuse de l’observer courir au loin, chassant les oiseaux qui s’envoleront bien avant qu’il ne soit trop près, qui m’éclabousse en secouant ses longs poils frisés. Aujourd’hui, c’est main dans la main avec mon fiancé que nous marchons sur la jetée, là où le vent se fait plus frais, exposés, vulnérables car un mauvais pas pourrait nous faire plonger dans l’eau vaseuse, et pourtant si forts ensemble.

Lundi matin. C’est le premier lundi de cette nouvelle année. Je ne vais plus à l’école depuis quelques années, et je n’ai pas travaillé depuis plus d’un an. Pourtant, je n’ai pas le temps de m’ennuyer : se lever, nourrir les animaux, petit-déjeuner, balayer, lancer une lessive, faire la vaisselle et le lit, me doucher et me maquiller, étendre le linge, cuisiner un peu (voire beaucoup), écrire, promener le chien, prendre des photos, animer mes réseaux sociaux, ranger, voir une copine, faire coucou à mes grands-parents, aller voir maman et papa, nourrir les animaux de nouveau, aller dans le jardin avec le chien, ma routine du soir, rester un peu devant la télé, attendre le retour de mon amoureux, m’endormir… Et les jours défilent, et le temps passe. Et tout. Va. Bien. Il y a quelques semaines encore, je n’osais pas imaginer un futur professionnel parce que j’avais peur. J’étais paralysée. Et il y a quelques jours, j’ai déposé dans plusieurs boutiques une enveloppe avec un CV et une lettre de motivation. C’était la première fois que je me présentais ainsi, et j’avais le sourire, et naturellement, j’avais adopté une attitude déterminée.

La vie a changé. C’est l’année des projets : les désirs d’un bébé et du mariage prennent vie. Après deux rendez-vous chez la gynécologue, il s’agit simplement de « donner un coup de pouce à Mère Nature« , un petit traitement hormonal boostant le cycle. Nous avons décidé d’être patient pour nous marier en Automne 2020, en Normandie, là où nous nous sommes rencontrés. Nous souhaitons avoir un enfant, nous souhaitons nous marier. « Nous ». « Nous ». Si vous saviez comme j’ai attendu ce moment où « Nous » prendrait tout son sens. Ce « Nous » tendre et unique, ce « Nous » amoureux et passionné, lien d’amour entre deux personnes que rien ne pourra briser. Je suis chaque jour de plus en plus amoureuse, je ne m’y attendais pas aussi vite, aussi tôt, et Je. Suis. Heureuse.

La magie de Noël

C’est autour de la table, parée de rouge et de blanc, petits sablés, pains ronds et gourmandises en sucré et en salé que j’ai retrouvé le goût enfantin de la magie de Noël.

Dans chaque recoin de la maison, une bougie, une étoile, un chocolat, un petit cadeau… De quoi ravir les yeux et évoquer cette période scintillante de l’année, brillante et lumineuse.

Et si les miens n’étaient pas là et qu’aujourd’hui je suis heureuse d’avoir pu les serrer dans mes bras et leur offrir leurs cadeaux, j’ai compris ce soir-là que l’amour m’avait ouvert les portes d’une maison où une autre famille m’ouvrait les bras. Leurs sourires, leurs confidences, les rires partagés font parties des plus beaux cadeaux que je pouvais recevoir cette année.

Lettre à mon petit frère.

Petit frère,

Aujourd’hui, le ciel est triste. Image parfaite de ce que je ressens après ces deux derniers jours passés à se parler dans la douleur. Un mélange de chagrin et d’espoir.

Aujourd’hui, je fais ce que je sais faire de mieux. Après t’avoir dit comme je t’aimais et que rien n’y changerait, je te l’écris. Je te l’écris sur la sphère publique parce que l’amour d’une grande sœur pour son petit frère n’a pas à être caché. Parce que la grande soeur que je suis est fière du petit frère que tu es.

Sais-tu que mes premiers souvenirs d’enfance ne commencent qu’avec toi ? Sais-tu qu’il y a ces photographies de toi et moi dont je ne me sépare pas ?

Il y a quelques années, je suis partie. Je t’ai laissé derrière moi. Peut-être t’es-tu senti abandonné ? Pour être là pour toi, j’avais besoin de m’éloigner, de retrouver goût à la vie, je refusais de t’exposer à tout ce qui me rongeait. Je souhaitais attendre que tu sois grand pour me confier, que tu comprennes sans être atteint. Je voulais que tu sois protégé, sans t’inquiéter.

Aujourd’hui j’ai échoué. Je suis revenue et tu t’inquiètes. J’essaie de vivre ma vie, de composer avec tout ce qui m’entoure, le passé comme le présent. Je ne lance que des regards furtifs à l’avenir, incapable encore d’être totalement confiante. Cependant, je le suis un peu, assez pour avoir retrouvé le sourire, assez pour construire un nouvel équilibre.
Assez pour sentir l’envie de croquer la vie à pleines dents me chatouiller le coeur. Assez pour m’offrir la liberté d’abandonner ma carapace, mes préjugés et m’aimer pour de bon.
Assez pour te dire tu peux ne pas t’inquiéter autant.
Tu peux me faire confiance, et vivre ta vie sans avoir peur que je ne me brise. Je suis toujours la même, en moins fragile.

Petit frère, tu es si beau. Grand gaillard musclé et attentionné, si fort et si fragile à la fois. Touchant. Quand ton regard vacille, quand tes mâchoires cessent d’être durement serrées, quand ton bouclier se fendille, je me souviens de ce petit garçon gourmand aux joues si rondes qu’on avait envie de te croquer. Et je ressens cette onde si chaleureuse, cette immense vague d’amour m’envahir, poussant mes bras à te serrer très fort, au point de te faire oublier quelques instants ta solitude et ta souffrance.

Petit frère, c’est à moi de veiller sur toi. Les larmes qui coulent encore sont des larmes d’amour et d’espoir. Je ne suis pas loin, je suis là, et je t’attends. Ma main est tendue, mes bras sont ouverts, mon coeur déborde de tendresse et d’amour pour toi.

Petit frère, n’oublie pas comme je t’aime.

Une semaine avant Noël.

Mardi 18 Décembre. Il ne reste qu’une semaine avant le jour de Noël. Dans quelques jours, il nous faudra emporter dans la valise quelques vêtements chauds, une belle tenue de soirée, un pyjama et nous passerons deux jours express dans la famille de Doudou, en Normandie.

La Normandie… Voilà plus d’un an que je n’y vis plus. Plus d’un an que je me dis : « C’est fini… ». La fin de mes études, le début de la vie active, la première expérience professionnelle, les premiers rêves, la première grande histoire d’amour… J’y ai vécu huit ans, huit ans de joies et de peines, de réussites et d’échecs, d’erreurs et d’apprentissages. Huit ans pendant lesquels à chaque fois que je tombais, je trouvais la force de me relever, et sa main pour m’accompagner. Je ne pourrai jamais oublier ces huit ans qui m’ont changée à tout jamais.

Une semaine avant Noël, et la majorité des cadeaux est encore à acheter. L’emploi du temps de Doudou laisse peu de place aux longues heures passées à flâner dans les boutiques. Nous nous contenterons donc de petits cadeaux que nous irons chercher jeudi pendant une de ses exceptionnelles soirées de repos. Je le prendrai par la main et je croiserai son regard blasé alors que je me promène de rayon en rayon dans l’une de mes boutiques préférées (le Furet du Nord), me perdant entre les livres en tout genres et les loisirs créatifs…

Voilà plus d’un an que Doudou partage ma vie. J’ai toujours osé à peine y croire quand l’amour frappe à ma porte. J’ai tant donné et tant pleuré. Avant lui, j’ai aussi tant aimé. Aujourd’hui, et depuis plus d’un an, je me reconstruis, et à ses côtés, j’adopte un autre rythme de vie, de nouvelles habitudes. J’apprends à aimer. Depuis plusieurs mois, je cohabite avec la dépression : la soupape a sauté, la coupe était pleine et ça a débordé pendant des semaines avant que je ne me décide enfin à demander de l’aide. J’allais mal. Nous nous sommes apprivoisées elle et moi, tous les matins je lui souris en me nettoyant doucement le visage. Je lui fais même un clin d’œil quand je me maquille et je lui tire la langue avant de partir. Je l’ai reconnue pour ce qu’elle m’apporte de bon. Je me repose et je prends soin de moi. Je profite de l’instant présent sans m’inquiéter de demain. Je trouve le sommeil, le coeur apaisé. Dans la nuit, il paraît que je m’agrippe toujours avec force à son bras. Il m’arrive encore de faire des rêves agités.

Chaque jour, je me redécouvre, et je me dévoile un peu plus. Je me nourris de l’amour qu’il y a autour de moi, de l’amour que j’ai reçu et que je garde précieusement en moi.

Chaque soir, alors que la nuit tombe, il suffit d’appuyer sur l’interrupteur pour que le sapin s’illumine, et pour que le mur du salon se pare de jolies couleurs. Je m’enfouis sous un plaid et je câline le chaton que nous venons d’adopter. A la maison, nous vivons entre un setter irlandais et trois chats. Cela fait beaucoup d’animation ! Je ne compte plus les fois où je prononce les mots « Au tapis ! », « Assis », « Couché » ou encore « Non, non, petit chat, fripouille, ne touche pas à ça. »… ou encore « Et si on faisait un câlin ? ».

Dans une semaine, des morceaux de papier déchirés joncheront le sol et nous aurons offert des cadeaux qui mettront des étoiles dans les yeux de nos proches. Dans une semaine, une année de plus sera sur le point de se terminer quand une autre débutera. Le monde entier célébrera le passage du chiffre 8 au chiffre 9, à quelques heures près. Pour ma part, j’ai simplement envie de fermer les yeux, de me souvenir de la vie qu’était la mienne avant tout ce qui est aujourd’hui, et de sourire. De serrer fort la main de mon amoureux. De dire « Je t’aime » aux personnes que j’aime. De revoir un sourire tendre familier qui me manque tellement. De remercier la Vie pour tout ce que j’ai appris. De lever les yeux vers le Ciel et de prier Dieu de continuer à veiller sur moi comme Il l’a toujours fait. De me promettre de ne plus jamais m’oublier et de vivre en étant fidèle à celle que je suis.

De croquer la Vie à pleines dents.

Premiers mots.

Les premiers mots sont souvent les plus difficiles à écrire. Que dire ? Dans quel ordre ? Comment ? Et surtout : allez-vous les lire ? Qu’allez-vous donc découvrir, ressentir ? Allez-vous répondre ? 

Et si je commençais ainsi : Bienvenue. Je suis ravie de vous écrire ce soir.

« Les petits mots doux de Julie » est, sans aucune prétention, un espace d’expression poétique, un partage de rêveries et de douceurs, une diffusion de bienveillance et de tendresse. 

Je pourrais vous raconter ma vie, vous dire ce que j’ai traversé, et puis vous confier qu’il n’y a certainement rien d’unique dans mon passé, que bien d’autres passent par des difficultés et que la vie nous apprend à remonter la pente. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Cependant, j’ai découvert au cours des dernières années et surtout des derniers mois, que la vie est belle. Le temps passe, le temps file, et rien ne sert de courir. Le temps ne s’arrête pas. J’ai aussi compris que je me refusais d’être heureuse. Ce bonheur qu’on nous vend à tire-larigot, qu’on trouve tout au long des pages des romans de développement personnel. Ce bonheur simple qui fait du bien, celui qu’on rencontre dans un sourire, qu’on entend dans un rire, qu’on échange dans un geste tendre, qu’on partage autour d’un bon repas. Ce bonheur-là. La magie de l’instant présent. 

Je m’appelle Julie, j’ai 29 ans, je suis amoureuse, et la vie est douce. J’ai de l’amour à donner, des sourires à distribuer, des mots doux à partager. Et vous ?

Je m’appelle Julie, j’ai 29 ans, je suis amoureuse et je suis en route pour une douce vie. J’ai de l’amour à donner, des sourires à distribuer, des mots doux à partager. 

Et vous ?