Rupture.

BLOG

Il ne m’aime plus et ne me voit plus comme la femme de sa vie. Je l’aime encore, mais je ne veux pas d’une relation par obligation, par pitié ou par compassion. Alors j’ai décidé que c’était terminé.

Ce serait mentir de dire que je n’ai pas le coeur brisé. Est-ce que c’est de sa faute ? Oui et non. Pourquoi lui en vouloir d’avoir été enfin honnête et d’avoir su me dire ce qui n’allait pas ? Bien sûr, j’aurais aimé qu’il se batte, qu’il voie au-delà de nos différences, qu’il se souvienne des éclats de rire, de la tendresse, de la complicité, de toutes ces belles choses qu’on a partagées et qui sont vouées à disparaître.

Tout comme j’ai aimé sans compter, que j’ai donné sans limite, j’ai ce trou dans la poitrine, cette angoisse qui m’étreint le soir quand je réalise qu’il faudra m’endormir seule, qu’il ne sera pas à mes côtés dans le lit mais dans la pièce à côté, dans un autre lit. Et je résisterai à l’envie de me blottir contre son dos, de sentir le parfum de sa peau dans son cou. Je m’empêcherai de penser qu’il est le seul à savoir calmer les battements accélérés de mon coeur et les larmes qui coulent quand des cauchemars m’assaillent, écho de ma peur de l’abandon qui se réalise.

Mais.

Je ne m’abandonne pas. A travers la douleur, à travers la peine, à travers le noir dans lequel je me sens tomber, je devine la douceur, la guérison, je devine la lumière. Heure après heure, jour après jour, je vis les émotions de la rupture et je prends le temps d’accepter ce deuil imposé d’un amour qui se termine. Un jour, je dirai au revoir à tous ces projets qui liaient nos futurs.

Je vais écrire et filmer. Documenter et raconter. Partager. Ne pas avoir honte. Dire le vrai. Cela m’aidera, cela pourra peut-être vous aider face à ce genre d’événements. Je suis sur un chemin que je ne soupçonnais pas. Pour l’instant, je ne regarde pas encore bien en face cette nouvelle vie qui m’attend parce que je ne suis pas prête. Tout de suite, j’ai besoin de repos, j’ai envie de savourer quelques jours de vacances en famille qui approchent et qui me feront du bien. J’ai envie que l’été reste une belle saison de rires et de rencontres, avec d’autres lieux, avec d’autres visages. J’ai envie d’écouter mon âme créative, m’émerveiller devant les fleurs qui offrent leur beauté. J’ai envie de me retrouver.

Cette absence, au creux de mon ventre.

BLOG

Cher journal,

Je t’écris comme si tu te tenais devant moi, une vraie personne, une amie qui tend une oreille attentive et une main tendre.

Il y a ces douleurs qui me font grimacer, ces douleurs physiques que j’essaie de taire tant que je le peux. Aujourd’hui je me tords de douleur dans le noir de la chambre, une bouillotte sur le ventre, un masque sur les yeux. Je ne te parle pas des chocs électriques parcourant ma jambe droite, des points dans la nuque…

Je tais tout ça. Je suis épuisée.

Et puis il y a cette douleur, celle dans le cœur, tout ce sang qui coule, un cycle nouveau qui nous apprend qu’encore une fois nous n’y sommes pas parvenus. Bien sûr il y aura d’autres câlins puisque nous nous aimons. Même que nous ne dirons rien et qu’un regard exprimera l’espoir que nous partageons. Cet espoir qui nous lie qu’un jour enfin la Vie se fasse un petit nid dans mon corps et dans nos cœurs.

Douleurs de femme. Intimité fragile. Patience mise à l’épreuve. Peu nombreuses sont les personnes avec qui j’ose exprimer ma tristesse quand le sang coule, et mon enthousiasme à l’idée d’un enfant. Peu savent comme je souffre durant une dizaine de jours, entre nausées et vertiges, bouffées de chaleur et frissons, chocs électriques et points de douleur, crampes et saignements abondants. Les médecins lèvent un sourcil douteux, osent un sourire compatissant et ces paroles crève-cœur « Ce n’est rien, les règles ça fait mal, et puis pour un enfant, vous avez encore le temps ! ». Douleurs de femme, intimité fragile.

Je t’écris pour tout dire comme la peur se mêle à l’espoir, comme l’amour me porte chaque jour et fait que le chagrin est moins lourd. Je t’écris pour crier dans un silence retentissant que des larmes salées couleront encore, parsemés de sourires quand il ouvrira les bras pour me serrer contre lui.

Je t’écris ma joie et ma peine de femme amoureuse, si désirante d’être maman et au corps douloureux.

Lundi matin, et la vie change…

BLOG

Lundi matin. La place s’anime aux sons des utilitaires qui se garent et déchargent leurs lots de marchandises, dans une petite heure on sentira le poulet rôti, et des adolescentes se précipiteront devant l’étal de bijouterie et produits cosmétiques. Assise dans le canapé, j’observe ces femmes d’un certain âge, le doux un peu voûté, le visage marqué par les années, les yeux pleurant de froid, se raconter les mêmes histoires, échanger les mêmes phrases et murmurer quelques mots sur les défunts de la semaine passée…

Ici, la vie s’écoule au ralenti. Ce n’est pas une grande ville, ni un petit village. C’est une commune de quelques milliers d’habitants qu’on pourrait assimiler à une cité dortoir, qui se démène pour ne pas perdre son âme. Des marins-pêcheurs, il ne reste que quelques bâtiments transformés, et les souvenirs que ma grand-mère répète à chacune de mes visites. Le samedi matin, il est fréquent que Papa apporte une salade de crabes et quelques filets de cabillaud qu’on mangera avec une julienne de légumes et du riz. J’ai toujours aimé marcher le long du chenal, respirant l’iode des embruns, jetant à la mer comme des bouteilles de SOS toutes les pensées sombres qui m’envahissaient. Aujourd’hui, c’est un chien que je promène aux abords de la plage, heureuse de l’observer courir au loin, chassant les oiseaux qui s’envoleront bien avant qu’il ne soit trop près, qui m’éclabousse en secouant ses longs poils frisés. Aujourd’hui, c’est main dans la main avec mon fiancé que nous marchons sur la jetée, là où le vent se fait plus frais, exposés, vulnérables car un mauvais pas pourrait nous faire plonger dans l’eau vaseuse, et pourtant si forts ensemble.

Lundi matin. C’est le premier lundi de cette nouvelle année. Je ne vais plus à l’école depuis quelques années, et je n’ai pas travaillé depuis plus d’un an. Pourtant, je n’ai pas le temps de m’ennuyer : se lever, nourrir les animaux, petit-déjeuner, balayer, lancer une lessive, faire la vaisselle et le lit, me doucher et me maquiller, étendre le linge, cuisiner un peu (voire beaucoup), écrire, promener le chien, prendre des photos, animer mes réseaux sociaux, ranger, voir une copine, faire coucou à mes grands-parents, aller voir maman et papa, nourrir les animaux de nouveau, aller dans le jardin avec le chien, ma routine du soir, rester un peu devant la télé, attendre le retour de mon amoureux, m’endormir… Et les jours défilent, et le temps passe. Et tout. Va. Bien. Il y a quelques semaines encore, je n’osais pas imaginer un futur professionnel parce que j’avais peur. J’étais paralysée. Et il y a quelques jours, j’ai déposé dans plusieurs boutiques une enveloppe avec un CV et une lettre de motivation. C’était la première fois que je me présentais ainsi, et j’avais le sourire, et naturellement, j’avais adopté une attitude déterminée.

La vie a changé. C’est l’année des projets : les désirs d’un bébé et du mariage prennent vie. Après deux rendez-vous chez la gynécologue, il s’agit simplement de « donner un coup de pouce à Mère Nature« , un petit traitement hormonal boostant le cycle. Nous avons décidé d’être patient pour nous marier en Automne 2020, en Normandie, là où nous nous sommes rencontrés. Nous souhaitons avoir un enfant, nous souhaitons nous marier. « Nous ». « Nous ». Si vous saviez comme j’ai attendu ce moment où « Nous » prendrait tout son sens. Ce « Nous » tendre et unique, ce « Nous » amoureux et passionné, lien d’amour entre deux personnes que rien ne pourra briser. Je suis chaque jour de plus en plus amoureuse, je ne m’y attendais pas aussi vite, aussi tôt, et Je. Suis. Heureuse.