UNE AFFICHE POUR SE SOUVENIR DES BEAUX JOURS.

Le 16 août 2018, une démarche administrative nous déclarait pacsés : un pas de plus dans une vie à deux. Derrière les morceaux de papier émargés et signés, derrière la procédure, il y a toutes nos premières fois timides – premier regard, premier sourire, premiers mots, première gêne, premier rire, premières mains qui se frôlent, premiers souffles rapides et coeurs battant fort, premiers baisers et première nuit – et puis, il y a la complicité grandissante et la tendresse surprenante… Tout ce qu’il y a d’amour entre cet homme et moi, et cette vie que nous partageons, simple et légère, riche et joyeuse.

Un doux baiser et des rires ont scellé cette union, et nous pourrons sourire en regardant cette affiche.

Pour l’anniversaire d’une rencontre, d’un mariage, d’un premier baiser, d’un pacs…

Pour toutes ces dates inscrites dans notre mémoire et dans notre cœur…

Pour l’Amour, pour se souvenir des Beaux Jours qui lient deux individus qui s’aiment.

Je vous propose de réaliser une affiche personnalisée selon plusieurs tarifs :
Option 1 : Noms et date, avec les mêmes motifs colorés :
5€, impression sur papier glacé au format A4, non-encadré, frais de port inclus.
Option 2 : Noms et date + personnalisation des motifs et des couleurs :
12€, impression sur papier glacé au format A4, non-encadré, frais de port inclus.

Commande par email à l’adresse suivante : julie.petitsmotsdoux@gmail.com
Et vous pouvez m’écrire à toute heure du jour et de la nuit 😉

Cette absence, au creux de mon ventre.

Cher journal,

Je t’écris comme si tu te tenais devant moi, une vraie personne, une amie qui tend une oreille attentive et une main tendre.

Il y a ces douleurs qui me font grimacer, ces douleurs physiques que j’essaie de taire tant que je le peux. Aujourd’hui je me tords de douleur dans le noir de la chambre, une bouillotte sur le ventre, un masque sur les yeux. Je ne te parle pas des chocs électriques parcourant ma jambe droite, des points dans la nuque…

Je tais tout ça. Je suis épuisée.

Et puis il y a cette douleur, celle dans le cœur, tout ce sang qui coule, un cycle nouveau qui nous apprend qu’encore une fois nous n’y sommes pas parvenus. Bien sûr il y aura d’autres câlins puisque nous nous aimons. Même que nous ne dirons rien et qu’un regard exprimera l’espoir que nous partageons. Cet espoir qui nous lie qu’un jour enfin la Vie se fasse un petit nid dans mon corps et dans nos cœurs.

Douleurs de femme. Intimité fragile. Patience mise à l’épreuve. Peu nombreuses sont les personnes avec qui j’ose exprimer ma tristesse quand le sang coule, et mon enthousiasme à l’idée d’un enfant. Peu savent comme je souffre durant une dizaine de jours, entre nausées et vertiges, bouffées de chaleur et frissons, chocs électriques et points de douleur, crampes et saignements abondants. Les médecins lèvent un sourcil douteux, osent un sourire compatissant et ces paroles crève-cœur « Ce n’est rien, les règles ça fait mal, et puis pour un enfant, vous avez encore le temps ! ». Douleurs de femme, intimité fragile.

Je t’écris pour tout dire comme la peur se mêle à l’espoir, comme l’amour me porte chaque jour et fait que le chagrin est moins lourd. Je t’écris pour crier dans un silence retentissant que des larmes salées couleront encore, parsemés de sourires quand il ouvrira les bras pour me serrer contre lui.

Je t’écris ma joie et ma peine de femme amoureuse, si désirante d’être maman et au corps douloureux.

Lundi matin, et la vie change…

Lundi matin. La place s’anime aux sons des utilitaires qui se garent et déchargent leurs lots de marchandises, dans une petite heure on sentira le poulet rôti, et des adolescentes se précipiteront devant l’étal de bijouterie et produits cosmétiques. Assise dans le canapé, j’observe ces femmes d’un certain âge, le doux un peu voûté, le visage marqué par les années, les yeux pleurant de froid, se raconter les mêmes histoires, échanger les mêmes phrases et murmurer quelques mots sur les défunts de la semaine passée…

Ici, la vie s’écoule au ralenti. Ce n’est pas une grande ville, ni un petit village. C’est une commune de quelques milliers d’habitants qu’on pourrait assimiler à une cité dortoir, qui se démène pour ne pas perdre son âme. Des marins-pêcheurs, il ne reste que quelques bâtiments transformés, et les souvenirs que ma grand-mère répète à chacune de mes visites. Le samedi matin, il est fréquent que Papa apporte une salade de crabes et quelques filets de cabillaud qu’on mangera avec une julienne de légumes et du riz. J’ai toujours aimé marcher le long du chenal, respirant l’iode des embruns, jetant à la mer comme des bouteilles de SOS toutes les pensées sombres qui m’envahissaient. Aujourd’hui, c’est un chien que je promène aux abords de la plage, heureuse de l’observer courir au loin, chassant les oiseaux qui s’envoleront bien avant qu’il ne soit trop près, qui m’éclabousse en secouant ses longs poils frisés. Aujourd’hui, c’est main dans la main avec mon fiancé que nous marchons sur la jetée, là où le vent se fait plus frais, exposés, vulnérables car un mauvais pas pourrait nous faire plonger dans l’eau vaseuse, et pourtant si forts ensemble.

Lundi matin. C’est le premier lundi de cette nouvelle année. Je ne vais plus à l’école depuis quelques années, et je n’ai pas travaillé depuis plus d’un an. Pourtant, je n’ai pas le temps de m’ennuyer : se lever, nourrir les animaux, petit-déjeuner, balayer, lancer une lessive, faire la vaisselle et le lit, me doucher et me maquiller, étendre le linge, cuisiner un peu (voire beaucoup), écrire, promener le chien, prendre des photos, animer mes réseaux sociaux, ranger, voir une copine, faire coucou à mes grands-parents, aller voir maman et papa, nourrir les animaux de nouveau, aller dans le jardin avec le chien, ma routine du soir, rester un peu devant la télé, attendre le retour de mon amoureux, m’endormir… Et les jours défilent, et le temps passe. Et tout. Va. Bien. Il y a quelques semaines encore, je n’osais pas imaginer un futur professionnel parce que j’avais peur. J’étais paralysée. Et il y a quelques jours, j’ai déposé dans plusieurs boutiques une enveloppe avec un CV et une lettre de motivation. C’était la première fois que je me présentais ainsi, et j’avais le sourire, et naturellement, j’avais adopté une attitude déterminée.

La vie a changé. C’est l’année des projets : les désirs d’un bébé et du mariage prennent vie. Après deux rendez-vous chez la gynécologue, il s’agit simplement de « donner un coup de pouce à Mère Nature« , un petit traitement hormonal boostant le cycle. Nous avons décidé d’être patient pour nous marier en Automne 2020, en Normandie, là où nous nous sommes rencontrés. Nous souhaitons avoir un enfant, nous souhaitons nous marier. « Nous ». « Nous ». Si vous saviez comme j’ai attendu ce moment où « Nous » prendrait tout son sens. Ce « Nous » tendre et unique, ce « Nous » amoureux et passionné, lien d’amour entre deux personnes que rien ne pourra briser. Je suis chaque jour de plus en plus amoureuse, je ne m’y attendais pas aussi vite, aussi tôt, et Je. Suis. Heureuse.