Rupture.

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Il ne m’aime plus et ne me voit plus comme la femme de sa vie. Je l’aime encore, mais je ne veux pas d’une relation par obligation, par pitié ou par compassion. Alors j’ai décidé que c’était terminé.

Ce serait mentir de dire que je n’ai pas le coeur brisé. Est-ce que c’est de sa faute ? Oui et non. Pourquoi lui en vouloir d’avoir été enfin honnête et d’avoir su me dire ce qui n’allait pas ? Bien sûr, j’aurais aimé qu’il se batte, qu’il voie au-delà de nos différences, qu’il se souvienne des éclats de rire, de la tendresse, de la complicité, de toutes ces belles choses qu’on a partagées et qui sont vouées à disparaître.

Tout comme j’ai aimé sans compter, que j’ai donné sans limite, j’ai ce trou dans la poitrine, cette angoisse qui m’étreint le soir quand je réalise qu’il faudra m’endormir seule, qu’il ne sera pas à mes côtés dans le lit mais dans la pièce à côté, dans un autre lit. Et je résisterai à l’envie de me blottir contre son dos, de sentir le parfum de sa peau dans son cou. Je m’empêcherai de penser qu’il est le seul à savoir calmer les battements accélérés de mon coeur et les larmes qui coulent quand des cauchemars m’assaillent, écho de ma peur de l’abandon qui se réalise.

Mais.

Je ne m’abandonne pas. A travers la douleur, à travers la peine, à travers le noir dans lequel je me sens tomber, je devine la douceur, la guérison, je devine la lumière. Heure après heure, jour après jour, je vis les émotions de la rupture et je prends le temps d’accepter ce deuil imposé d’un amour qui se termine. Un jour, je dirai au revoir à tous ces projets qui liaient nos futurs.

Je vais écrire et filmer. Documenter et raconter. Partager. Ne pas avoir honte. Dire le vrai. Cela m’aidera, cela pourra peut-être vous aider face à ce genre d’événements. Je suis sur un chemin que je ne soupçonnais pas. Pour l’instant, je ne regarde pas encore bien en face cette nouvelle vie qui m’attend parce que je ne suis pas prête. Tout de suite, j’ai besoin de repos, j’ai envie de savourer quelques jours de vacances en famille qui approchent et qui me feront du bien. J’ai envie que l’été reste une belle saison de rires et de rencontres, avec d’autres lieux, avec d’autres visages. J’ai envie d’écouter mon âme créative, m’émerveiller devant les fleurs qui offrent leur beauté. J’ai envie de me retrouver.

Le poids du silence.

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Il est des choses difficiles à dire. Parce que difficiles à vivre, à admettre et à comprendre.

« Pourquoi n’as-tu rien dit ? »
Oui, pourquoi n’as-tu rien dit, toi, la petite fille rêveuse toujours un peu joyeuse. Pourquoi n’as-tu rien dit…

C’est la première fois que la question m’est posée aussi directement. C’est la première fois qu’on me demande de fournir une réponse. J’en ai une, même plusieurs : la peur, la culpabilité, la honte… Le silence était rassurant, réconfortant.

Le silence était mon allié. C’était mon secret. J’ai entendu l’histoire d’une fille qui avait vécu la même chose que moi. J’ai entendu les réactions des adultes autour de moi. J’ai voulu parler pour la première fois, et j’ai décidé de me taire.

J’ai attendu. J’ai enfoui mon secret au plus profond. Il m’a rongée, alors que je croyais l’avoir oublié. Il a peuplé mes nuits de cauchemars, il a peuplé mes jours de peur et d’anxiété, de stress et de solitude. Il m’a rendue différente, je me suis mise à l’écart. Et j’ai grandi d’un coup, enfermée dans un monde où la lumière et l’ombre bataillaient sans cesse.

C’est mon corps qui a tout trahi. C’est mon corps qui m’a délivrée. J’ai pris conscience du poids du silence dans lequel j’étais piégée. Alors tout est sorti d’un coup. Certainement de travers. Et personne ne voulait vraiment l’entendre. J’avais trop attendu. Et ce que j’avais à dire a fait du mal. Tellement de mal, trop de mal… Et le silence est apparu une nouvelle fois comme le refuge. Emmenant au loin la guérison, le pardon, la rédemption.

C’est mon corps qui trahit le traumatisme. C’est mon corps qui exprime un mal-être encore bien présent. C’est mon corps qui dit stop. Et mon coeur aspire à la réconciliation.

Je n’y arrive pas seule et cela me coûte de l’admettre. La guérison prend du temps, plus de temps que je ne le souhaiterais et j’apprends à l’accepter. J’aimerais que ma parole ne blesse plus, j’aimerais que les mots ne fassent plus peur. J’aimerais faire une croix, tirer le rideau. Mais je ne veux plus faire comme si ça n’était pas arrivé. Je n’ai pas la force de me mentir, et de minimiser ma souffrance. C’est une question d’équilibre : pour construire ma vie autour du bonheur que je m’autorise enfin à ressentir, je me dois d’être complètement honnête avec moi-même. Je refuse d’être seule face à tout ça, c’est tout.

L’année des 30 ans : un cap à passer pour faire la paix avec soi et s’aimer mieux.

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Dans quelques mois, j’aurai 30 ans. Je me souviens avoir lu de nombreux articles de jeunes femmes appelant cette étape de leur vie « un cap ». J’en souriais. Je trouvais ça un peu drôle, et peut-être même exagéré. Je me disais que c’était une façon d’écrire pour attirer des vues, gonfler les statistiques. Aujourd’hui, j’ai honte d’avoir pensé cela. Honnêtement, je demande pardon. Vous pouvez rire de moi, parce que… parce que j’étais loin d’avoir compris à quel point ce serait difficile d’avoir 30 ans.

*

Si je devais lister des mots pour décrire comment l’année de mes 30 ans à débuter, j’écrirais ceci : DÉPRESSION, ANXIÉTÉ ET CRISES DE LARMES, DOULEURS ET TRISTESSE, DOUTES, COLÈRE ET INCOMPRÉHENSION, AMERTUME, ÉPUISEMENT, PEURS ET ANGOISSES

Rien de bien folichon, n’est-ce pas ? Et pourtant, si vous saviez…

Quand j’ai compris qu’il me serait impossible de m’en sortir seule, quand j’ai demandé de l’aide et que j’ai commencé à me soigner – oui, oui, la dépression est une maladie -, quand j’ai vu multiplié les rendez-vous avec une psychologue, j’ai senti comme tout ceci était nécessaire. J’ai compris que je m’effondrais pour de bon, que ma carapace explosait, que la douleur était incommensurable et que j’allais m’en sortir.

Un renouveau, une libération, une renaissance.

Depuis Novembre 2018, j’ai appris que la paix avec soi était possible et qu’il me fallait faire plusieurs choses : faire face à mon passé sans me défiler, prendre du recul vis à vis du regard des autres pour découvrir qui j’étais et qui je voulais être, savourer l’instant présent, lâcher prise sur ce que je ne peux pas contrôler, accepter que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, me faire confiance et oser parce qu’il n’y a qu’en faisant des erreurs qu’on apprend et que rien n’est très grave tant qu’on prend le temps de trouver une solution, poser mes limites et me protéger, garder espoir quoi qu’il arrive et assumer de suivre ma propre voie.

L’année des 30 ans est un cap en ce qu’il offre de liberté : on se détache de ce qu’on a toujours connu pour avancer lentement vers ce qui nous attire et qui ne nous effraie plus. J’ai ouvert les yeux sur tout ce que je n’acceptais pas chez moi, je me suis pardonnée les erreurs du passé que j’aurais aimé ne pas commettre. Je me suis débarrassée de la colère et de l’amertume qui teintaient de noir les souvenirs heureux à préserver. J’ai ouvert mon coeur à l’Amour et ses défauts, ses imperfections et ses belles surprises. J’ai accueilli ma sensibilité comme un cadeau, je l’ai faite mienne. J’ai ressenti ces chatouilles dans le ventre, d’abord discrètes, et puis mon coeur s’est gonflé de douceur, et puis mon âme a sautillé de joie.

La Joie. A 30 ans, la Joie est possible. Ce sentiment ancré, durable, d’avoir trouvé le chemin de la paix envers soi et avec les autres. Cette capacité à ne pas laisser les émotions tout submerger, alors libérées du poids du passé. Ce mouvement de bienveillance et de douceur pour offrir autour de moi un peu d’amour à parsemer et à partager. A 30 ans, c’est ce bonheur-là qui se dessine, celui des joies simples, d’un quotidien vécu à deux, d’un lien précieux avec ma famille et mes ami(e)s.

Je me souviendrai toute ma vie de l’année de mes 30 ans.