EST-ON VRAIMENT LIBRE DE CHOISIR SA VIE?

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Je me suis levée avec l’envie de vous parler des fleurs que je regarde, émerveillée, depuis deux jours. Des grands bonds de mon toutou d’amour dans et hors de la mare, et de sa langue qui pend sur le côté, traduisant la joie pure qui l’habite.

Le ciel s’est assombri, mon esprit aussi. Fatigue ? Je ressens le besoin de me confier ici, d’écrire sans penser que mes pensées pourraient blesser. Après tout, elles sont miennes et j’aime croire que ma bienveillance n’est pas légende, j’écris ce que mon coeur murmure sans intention de faire du mal.

Indépendance, émancipation, liberté… Des mots qui font rêver. Des mots après lesquels je cours pour qu’ils se réalisent ensemble, et se conjuguent avec d’autres tels qu’épanouissement, satisfaction, équilibre. Je ne dis pas que j’aimerais que ce soit facile. J’aimerais que ce soit moins compliqué, et que la vie que je mène et que nous menons ensemble ne soit pas la source de tensions, d’inquiétudes, de conversations à demi-mots. J’aimerais pouvoir, j’aimerais savoir transmettre la quiétude et la sérénité qui règnent en moi depuis que nous vivons ainsi, lui salarié en restauration et moi chef de ma petite entreprise individuelle aux revenus aléatoires. Notre vie simple, ponctuée de petites frayeurs financières dont nous nous sortons toujours en serrant les coudes, nous convient. Peut-être n’est-il pas encore temps de faire un bébé alors c’est pour ça que je ne tombe pas enceinte ; peut-être que notre maison est petite et que nous sommes pas propriétaires alors nous ferions mieux de revoir nos choix ; peut-être que nous ne pouvons pas nous payer de vacances et que nous réduisons notre budget courses alors je devrais me secouer les puces et aller chercher un boulot. J’entends tout, je comprends tout, et j’argumente, j’explique, je raconte le pourquoi du comment. Et je m’épuise. Je me fracasse contre cette opposition du système capitaliste qui nous colle à la peau même quand on aspire et qu’on agit à autre chose. Je me brise contre la déception que je lis dans les regards et que je capte dans les conversations. A l’équilibre et l’harmonie trouvés, se conjuguent des mots que j’aimerais ne plus entendre : gâchis, sacrifice, erreur…

Pourtant je suis la voie qui s’ouvre à moi, j’envisage d’autres projets, je continue de grandir en confiance et j’aime de plus en plus la personne que je deviens, la vie que l’on partage. Repoussant la nausée qui monte quand je prends conscience que mes choix peuvent décevoir et inquiéter. Est-ce là l’émancipation ? Prendre ses distances avec le regard et les pensées, les mots de celles et ceux qu’on aime et qui nous ont élevé ? J’aurais aimé que les choses se passent différemment, que mon parcours suscite enthousiasme et soutien, qu’on reconnaisse ma capacité à rebondir quand c’était nécessaire, à renaître quand je souffrais tellement que je me sentais détruite. Quand j’explique ce que je ressens, on me répond qu’il ne peut en être autrement. Alors je comprends que peu importe le choix que je fais, ce ne sera jamais assez bien.

Pardonnez-moi ces mots à maux, pardonnez ma fatigue et mon isolement. Pardonnez-moi le silence et les matins baignés de larmes. C’est parfois tellement difficile d’avoir la force d’être soi.