A mon petit village des Hauts-de-France

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A chaque coin de rue, on pourrait se dire que les choses ont changé et continueront ainsi : de nombreuses voitures garées dans les rues, sur les parkings et devant les maisons, l’installation récente d’un restaurant franchisé McDonald’s, l’accès à la fibre optique et les écrans plats qui trônent dans les salons, la jeune génération et les moins jeunes aussi qui marchent les yeux rivés sur leurs téléphones.

Il y a aussi ce sentiment que le temps s’est arrêté. Il n’y a pas que mon imagination qui virevolte de maison en maison, les vies passées que j’entrevois derrière ces murs craquelés par l’érosion et devant la mer bien souvent agitée. Il y a ces dames un peu âgées, habillées de jupes qui tombent au-dessous du genou et d’un foulard autour du cou, qui serrent fort contre elles leurs sacs à main, et qui quand elles se croisent, évoquent les maladies, le coût de la vie, les personnes qui nous ont quittées… Il y a ces vieux messieurs, chapeau de marin vissé sur la tête, moustache et barbe chatouillées par l’air iodé, qui se retrouvent près du marché au poisson ou en promenant leur chien, et dont on devine les vieilles histoires qu’ils se racontent quand on voit leur regard pétiller de rire.

Je me promène dans les rues de ma petite enfance et je ressens le choc des générations, la vitesse des voitures qui frôlent les passants dans ces rues étroites et la fragilité des personnes à vélo qui défient le vent. Lent passé et présent effréné. Dans ma tête se bousculent les joyeux souvenirs et les rêves pour notre avenir. Je suis partie pour mieux revenir.