Vous parler d’un nouvel échec, et vous dire qu’il faut garder espoir.

Avez-vous déjà renoncé ? Que ressentez-vous face à un échec ?

Il y a quelques mois, je me lançais dans la préparation du Concours de Recrutement des Professeurs des Ecoles, persuadée que le métier de « maîtresse d’école » offrirait un nouveau souffle à ma carrière, que je trouverais en l’Education Nationale un système et un soutien dans lequel je m’épanouirais.

C’était sans compter sur la fatigue et l’épuisement qui s’étaient installés en moi. C’était sans admettre mon état psychologique fragilisée par des années de peurs et d’angoisses dissimulées dans un quotidien bien huilé.

Un jour, je me suis effondrée devant les cahiers de préparation. Je ne retenais rien des cours que je lisais et sur lesquels je prenais de nombreuses notes. A mon envie d’apprendre se mêlait l’étrange sensation que quelque chose n’allait pas, que je n’étais plus capable d’apprendre autant. Que le concours était beaucoup trop de pression, que le processus de sélection me dépassait. J’ouvrais également les yeux sur un système qui, au travers des témoignages que j’ai pu lire et des conversations que j’ai pu avoir, broie les enseignants et oublient le bien-être des enfants. Je ne voulais pas non plus voir disparaître mes bons souvenirs de l’école devant une réalité trop difficile à gérer…

J’ai vécu tout ça comme un échec, et une grande déception, j’ai passé des semaines à pleurer avant de prendre une décision. Et puis j’ai rebondi. Dans une vidéo, je reviens sur mon parcour professionnel et je détaille les différentes raisons pour lesquelles je ne passerai pas le CRPE, et la réflexion m’amenant à refuser de travailler pour l’Education Nationale. J’ai beaucoup d’admiration pour ce métier, pour la patience et la bienveillance de celles et ceux qui tous les matins se rendent en classe pour accompagner l’éveil et l’apprentissage des touts-petits. Du fond du coeur, merci pour ce beau métier que vous faîtes.

Storytime : La dépression, ou comment ma vie a changé.

Si l’écriture a toujours été source de libération, ces derniers mois m’ont fait comprendre comme il était important de dire. Nous sommes avant tout des créatures dotées de langage, ces mots formés, pensés, exprimés voyagent vers l’autre qui les reçoit et qui a son tour peut choisir le silence ou les mots comme réponse.

Ces derniers mois, j’ai beaucoup parlé. À une femme médecin puis à une psychologue. Et puis à mon amoureux, à nos familles, à mes ami.e.s. Parler n’avait finalement jamais été aussi important que durant ces derniers mois, parole libératrice.

En ouvrant cette chaîne Youtube, je m’engageai à ne pas laisser le silence m’envelopper de nouveau. J’ai reculé la réalisation d’une vidéo sur la dépression mais la vérité est que je n’aurais pu continuer sans en parler. La dépression participe à construire la personne que je suis en train de devenir. Et j’en suis bien heureuse.

J’aurais pu me contenter d’écrire comme je l’ai fait tant de fois. Cependant, la dépression peut parvenir à détruire une vie quand on la condamne au silence. J’ai voulu à travers cette vidéo de 40 minutes décrire mon cheminement et le long processus d’appréhension et de guérison de la dépression, j’ai souhaité porter un message de vérité, d’amour, de bienveillance et d’espoir.