A mon petit village des Hauts-de-France

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A chaque coin de rue, on pourrait se dire que les choses ont changé et continueront ainsi : de nombreuses voitures garées dans les rues, sur les parkings et devant les maisons, l’installation récente d’un restaurant franchisé McDonald’s, l’accès à la fibre optique et les écrans plats qui trônent dans les salons, la jeune génération et les moins jeunes aussi qui marchent les yeux rivés sur leurs téléphones.

Il y a aussi ce sentiment que le temps s’est arrêté. Il n’y a pas que mon imagination qui virevolte de maison en maison, les vies passées que j’entrevois derrière ces murs craquelés par l’érosion et devant la mer bien souvent agitée. Il y a ces dames un peu âgées, habillées de jupes qui tombent au-dessous du genou et d’un foulard autour du cou, qui serrent fort contre elles leurs sacs à main, et qui quand elles se croisent, évoquent les maladies, le coût de la vie, les personnes qui nous ont quittées… Il y a ces vieux messieurs, chapeau de marin vissé sur la tête, moustache et barbe chatouillées par l’air iodé, qui se retrouvent près du marché au poisson ou en promenant leur chien, et dont on devine les vieilles histoires qu’ils se racontent quand on voit leur regard pétiller de rire.

Je me promène dans les rues de ma petite enfance et je ressens le choc des générations, la vitesse des voitures qui frôlent les passants dans ces rues étroites et la fragilité des personnes à vélo qui défient le vent. Lent passé et présent effréné. Dans ma tête se bousculent les joyeux souvenirs et les rêves pour notre avenir. Je suis partie pour mieux revenir.

Tribulations d’automne #2 : les couleurs du matin, les pensées du soir…

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Ouvrir les yeux sur un ciel éclairé par le soleil levant. Couleurs de l’Automne dans un jardin luxuriant. Premiers pas dans l’herbe et la rosée. Le corps frissonne, et l’air frais matinal chatouille les joues très vite rougies. Temps ralenti. Beauté de la Vie.

J’ai voulu capturer les instants précieux, remplir ma boîte à souvenirs de magie. Dans ma tête résonne le chant de mon cœur et je savoure une douce harmonie. Est-ce là la clé du bonheur ? Je ne chasse plus mes rêves, chaque jour remerciant Dieu de me guider le long de ce beau chemin de vie. J’observe, tranquille, la nature s’endormir en vue de l’hiver. À la maison s’installe le parfum des épices, les plaids attendent qu’on s’y blottisse, chats et chien dorment un peu plus longtemps.

Se dessinent alors les contours de projets, tant personnel que professionnel, qui donnent le sourire, l’envie d’avancer et la détermination nécessaires à un bel équilibre. Quand je m’endors le soir, je suis exténuée et j’accueille la nuit comme un temps de repos bien mérité.

Et vous, que vous évoque donc l’automne ?

Lundi matin, et la vie change…

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Lundi matin. La place s’anime aux sons des utilitaires qui se garent et déchargent leurs lots de marchandises, dans une petite heure on sentira le poulet rôti, et des adolescentes se précipiteront devant l’étal de bijouterie et produits cosmétiques. Assise dans le canapé, j’observe ces femmes d’un certain âge, le doux un peu voûté, le visage marqué par les années, les yeux pleurant de froid, se raconter les mêmes histoires, échanger les mêmes phrases et murmurer quelques mots sur les défunts de la semaine passée…

Ici, la vie s’écoule au ralenti. Ce n’est pas une grande ville, ni un petit village. C’est une commune de quelques milliers d’habitants qu’on pourrait assimiler à une cité dortoir, qui se démène pour ne pas perdre son âme. Des marins-pêcheurs, il ne reste que quelques bâtiments transformés, et les souvenirs que ma grand-mère répète à chacune de mes visites. Le samedi matin, il est fréquent que Papa apporte une salade de crabes et quelques filets de cabillaud qu’on mangera avec une julienne de légumes et du riz. J’ai toujours aimé marcher le long du chenal, respirant l’iode des embruns, jetant à la mer comme des bouteilles de SOS toutes les pensées sombres qui m’envahissaient. Aujourd’hui, c’est un chien que je promène aux abords de la plage, heureuse de l’observer courir au loin, chassant les oiseaux qui s’envoleront bien avant qu’il ne soit trop près, qui m’éclabousse en secouant ses longs poils frisés. Aujourd’hui, c’est main dans la main avec mon fiancé que nous marchons sur la jetée, là où le vent se fait plus frais, exposés, vulnérables car un mauvais pas pourrait nous faire plonger dans l’eau vaseuse, et pourtant si forts ensemble.

Lundi matin. C’est le premier lundi de cette nouvelle année. Je ne vais plus à l’école depuis quelques années, et je n’ai pas travaillé depuis plus d’un an. Pourtant, je n’ai pas le temps de m’ennuyer : se lever, nourrir les animaux, petit-déjeuner, balayer, lancer une lessive, faire la vaisselle et le lit, me doucher et me maquiller, étendre le linge, cuisiner un peu (voire beaucoup), écrire, promener le chien, prendre des photos, animer mes réseaux sociaux, ranger, voir une copine, faire coucou à mes grands-parents, aller voir maman et papa, nourrir les animaux de nouveau, aller dans le jardin avec le chien, ma routine du soir, rester un peu devant la télé, attendre le retour de mon amoureux, m’endormir… Et les jours défilent, et le temps passe. Et tout. Va. Bien. Il y a quelques semaines encore, je n’osais pas imaginer un futur professionnel parce que j’avais peur. J’étais paralysée. Et il y a quelques jours, j’ai déposé dans plusieurs boutiques une enveloppe avec un CV et une lettre de motivation. C’était la première fois que je me présentais ainsi, et j’avais le sourire, et naturellement, j’avais adopté une attitude déterminée.

La vie a changé. C’est l’année des projets : les désirs d’un bébé et du mariage prennent vie. Après deux rendez-vous chez la gynécologue, il s’agit simplement de « donner un coup de pouce à Mère Nature« , un petit traitement hormonal boostant le cycle. Nous avons décidé d’être patient pour nous marier en Automne 2020, en Normandie, là où nous nous sommes rencontrés. Nous souhaitons avoir un enfant, nous souhaitons nous marier. « Nous ». « Nous ». Si vous saviez comme j’ai attendu ce moment où « Nous » prendrait tout son sens. Ce « Nous » tendre et unique, ce « Nous » amoureux et passionné, lien d’amour entre deux personnes que rien ne pourra briser. Je suis chaque jour de plus en plus amoureuse, je ne m’y attendais pas aussi vite, aussi tôt, et Je. Suis. Heureuse.