TRIBULATIONS D’APRÈS CONFINEMENT

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Le jour d’après : a-t-on peur ? Est-on content ? L’angoisse reste sourde et discrète, elle s’immisce dans mes rêves la nuit et agite les réveils. Tant qu’il n’y aura pas de vaccin, ni de traitement plus ou moins efficace permettant d’éviter souffrance et décès, difficile d’être pleinement rassurée. Mon amoureux tait ses peurs mais je les lis sur son visage parfois fermé et ses yeux perdus dans le vague. Mon coeur faisait tout de même des bonds à l’idée de revoir mes grands-parents, même s’il est encore impossible de les serrer dans mes bras. Je ressens aussi beaucoup d’impatience à l’idée de revoir mon frère, ma belle-soeur et ma nièce, de retrouver quelques ami(e)s…

Que retenir de ce confinement ? Rien n’est acquis. Et nous sommes vulnérables.

J’ai envie de penser que les gens s’éveilleront à l’importance de préserver notre santé, notre environnement et les petits riens du quotidien à chérir tant ils sont précieux. J’ai envie d’observer un changement dans les gestes et les dires de chacun envers les uns et les autres : plus de bienveillance, plus de douceur… et une prise de conscience de la responsabilité que nous portons en nous, dans nos actions, dans nos paroles, comprendre notre rôle à jouer pour éviter que ça ne recommence. Oui, je suis un peu naïve, mais j’ai 30 ans et je crois avoir compris que la richesse la plus importante ne se réduisait pas aux chiffres qui apparaissent sur nos comptes en banque. J’ai soulevé le voile du tabou de l’argent, on a réfléchi à nos dépenses, on apprend à faire des choix différents, et on vit plus heureux, apparaissant peut-être insouciants mais nous nous sentons plus libres.

J’ai la joie d’avoir retrouvé la présence bruyante et joyeuse de mon amoureux, et nous avons découvert le plaisir de cuisiner ensemble et savourons des repas différents, tentant de réduire les kilos de l’amour. Il reprendra le chemin du travail quand la décision sera prise de rouvrir les restaurants et j’espère de tout coeur qu’il aura accès aux protection nécessaires et que clients et collègues seront respectueux.

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Mon atelier a pris forme, je manque encore de meubles de rangement mais je m’arrange de boîtes et autres petites astuces. Les murs de la pièce de vie sont décorés de cartes, de cadres et de lampions de toutes les couleurs, il y a aussi une plante verte et quelques fleurs cueillies pendant l’une des promenades avec Inuit.

Notre petite famille, amputée d’un membre se remet doucement du chagrin de la perte de Tigga, que je garde précieusement dans un coin de mon coeur et de mes pensées, apercevant de temps à autre le fantôme miaulant et affectueux d’une petite boule de poils aux reflets blanc et roux.

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Et vous, comment vivez-vous cet après-confinement ?
Que retiendrez-vous de cette période ?

Tribulations de confinement

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J’aimerais écrire davantage. Si ce n’est plus régulièrement. Je me souviens de ces heures passées devant mon écran à noircir des pages et des pages des émois de mon coeur de jeune adulte, quand l’amour rimait avec impossible et interdit. Il faut croire que de la souffrance et de l’impatience de revoir celui que j’aimais alors, je tirais une inspiration débordante !

Aujourd’hui, la vie n’est plus la même et partout on entend que ce ne sera plus jamais pareil. On s’y attend, et même, on l’espère. Et si vivre en confinement implique un juste retour à l’essentiel, il met aussi les nerfs et la patience à rudes épreuves. Les jours commencent à se ressembler, et j’oscille entre levers aux premiers miaulements d’un chat affaibli par la maladie entre matinées passées sous la couette par manque d’envie.

Manque d’inspiration ? Non ! Loin de là. Entre deux séries de vidéos à produire pour Youtube dans la quête d’un nombre grandissant d’abonnés afin d’un jour monétiser la chaîne, et les motifs dessinés et répétés sur du papier, les quelques photographies prises ici et là des plats cuisinés et des quelques fleurs croisées pendant les balades du chien, il est sûr que la créativité prend une place majeure dans mon/notre quotidien.

J’ai pourtant dans le coeur, si je me laisse aller aux émotions qui traversent les pensées, une pointe de mélancolie : le temps passe sans qu’un bébé ne s’installe au creux de mon ventre et je ressens parfois cette absence comme un crève-coeur. Pour que quelques minutes plus tard, mon amoureux ouvre ses bras et me rassure, pour que la force de l’amour fasse renaître encore et toujours un peu d’espoir en moi. Face aux douleurs qui m’assaillent et me vident de toute énergie, j’ai parfois du mal à garder un sentiment de bienveillance envers ce corps que j’aimerais différent. Et pourtant…. Il est le témoignage changeant, vivant, de mon passé, la force de mon présent, la sérénité de mon avenir.

Alors quand j’y pense, je me saisis de la plume et je note sur un carnet aux pages marquées de lignes fines ma gratitude pour ce que la Vie offre de beau. J’ouvre mon coeur à Dieu qui sait lire au plus profond de moi et qui exaucera mes prières au bon moment. Je me tourne vers l’Univers à qui je décris mes désirs et j’cris les promesses des jours futurs.

Tribulations d’hiver #1 : quiétude d’une journée pluvieuse, pensées d’une âme sensible.

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Journée pluvieuse. Ciel gris chargé, aucune visibilité à l’horizon. La Mer du Nord s’y confond, et le chien tourne en rond. Il ne demande que ça lui ! Sortir, humer l’air iodé, courir après les mouettes et les goélands sur le sable mouillé, sauter dans l’eau et s’ébouriffer des vingtaines de fois avant de rentrer se mettre au chaud sur le canapé au coin des bougies.

Je n’ai pas envie de sortir. Je contemple la pluie qui ruisselle sur les carreaux et en haut, j’entends le ronronnement de l’ordinateur devant lequel est assis mon fiancé depuis quelques heures. Il joue pendant que je travaille. Quiétude d’une journée grise d’hiver passée entre les murs de la maison qu’on chauffe un peu plus fort que d’habitude, l’humidité étant ma pire ennemie.

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Il se passe que les temps changent. Je crois en moi. Je n’ai plus peur. J’ai confiance. Alors il y a ce poids en moins dans ma poitrine, et je ne ressens plus le besoin de parler d’avant. Avant, c’était avant. Est-ce que ça durera ? Longtemps, je l’espère. J’aime croire que je guéris profondément et que la sérénité découverte n’est pas passagère. Bien sûr, j’ai des sautes d’humeur ! Je reste une femme sensible au cycle de mes lunes, guidée par mes émotions. Je laisse une place de plus en plus importante à l’intuition. Et c’est ainsi que je suis heureuse : en étant moi !

Et toi, que fais-tu de ces journées pendant lesquelles tu te garderais bien de mettre le nez dehors ? Est-ce que des chats viennent se blottir contre toi ? Y a-t-il des enfants qui débordent d’énergie qui aimeraient sauter à pieds joints dans les flaques ? Aimes-tu te blottir sous un plaid, un bon roman à la main pour t’évader ? Il m’arrive très souvent de rêver que mon ventre s’arrondit et qu’un mini-nous y grandit. J’enregistre jour après jour des épingles sur Pinterest de décoration, pièces où se mêlent le bois les plantes la chaleur humaine et la joie de vivre, dans la perspective de pouvoir un jour ranger nos affaires chez nous. J’ai des envies d’ateliers où recevoir des gens qui aimeraient apprendre à dessiner, je sens le parfum du chocolat chaud à la cannelle et des petits gâteaux qu’on y mangerait, le sourire aux lèvres et le coeur en joie de partager notre volonté à créer.

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Journée pluvieuse, douce et inspirante…